Je n'ai pas pour habitude de raconter ma vie sur le blog, plutôt celle de mes tricots ou de ma vie avec ma fille. Mais ce soir j'en ai gros sur le coeur et j'avais envie de parler, alors pourquoi ne pas parler à des inconnus (plus ou moins).
Je vis actuellement une grossesse assez difficile, le bébé se porte très bien mais ce n'est pas mon cas. Depuis les débuts j'ai des douleurs classiques (selon les stats) : brûlures d'estomac, crampes, nausées... Sauf qu'en théorie celles-ci doivent passer au 3 ème mois, ce qui est loin d'avoir été le cas. J'en suis à 6 mois et demi de grossesse et ces douleurs s'accentuent, sans parler des douleurs ligamentaires, sciatiques ou autres... En juin (4 mois de grossesse) j'ai demandé une semaine d'arrêt pour pouvoir me reposer et repartir sur de bonnes bases, mais ça n'a pas arrangé grand chose. En rentrant de vacances fin juillet je continuais à avoir des douleurs, mon boulot me semblait très difficile car je passe mon temps assise sur une chaise et que ça me provoquait d'autant plus de douleurs. Moi qui voulait travailler jusqu'à la date limite au début de ma grossesse... j'ai vite déchanté ! Je suis restée au mois d'août parce que je savais qu'être arrêtée signifiait mettre mes collègues dans l'embarras (je suis quelqu'un qui a une trop grande conscience professionnelle) et également rester chez moi à rien faire donc déprimer. Et pourtant, je suis allée au-delà de mes capacités, j'ai forcée beaucoup trop (en toute conscience quand même) et puis j'ai décidé de m'arrêter à partir du 25 août plus ou moins à contre cœur. Je sais que je n'avais plus le choix et que physiquement je n'en peux plus, chaque fois que je sors ça me coûte énormément après. Mais rester chez moi à ne rien pouvoir faire ne m'enchante pas non plus. Cette semaine je suis donc restée avec ma fille, difficilement. J'ai du mal à sortir faire les courses, à préparer à manger (il m'est difficile de rester debout), à m'occuper de ma fille et de moi-même, mon chéri travaille midi et soir donc on ne se voit pas. J'ai du mal à m'occuper de ma fille et ça me pèse énormément. La semaine prochaine elle rentre à l'école pour la première fois de sa vie et je sais à quel point ça va être dur pour moi de l'accompagner chaque jour à l'école. Toutes ces choses me culpabilisent énormément.
Je n'allais déjà pas très bien moralement et physiquement et hier a été une journée très difficile sur les 2 plans. Mon frère a eu un accident de scooter, mes parents étant en vacances, j'étais toute seule à pouvoir lui apporter des affaires. Il a donc fallu que j'aille chez mes parents (à 1 km de chez moi mais n'ayant pas le permis il me faut prendre les transports). Je supporte de moins en moins les transports. Il a ensuite fallu que j'aille à la gare, monter sur Paris pour redescendre sur l'hôpital du Kremlin Bicêtre. Entre temps nous nous sommes arrêtées avec la petite manger chez Mc Donald (au moins un point positif dans l'histoire, la petite a été heureuse de pouvoir manger là-bas, on n'y va que très rarement). Arrivée à l'hôpital ça a été dur de voir mon frère dans cet état (il n'a "qu'un" traumatisme facial, la partie gauche de son visage est déformée, il a une minerve qui lui soutient la mâchoire parce ce qu'elle est fracturée). Il n'avait pas été lavé et avait du sang plein l'oreille, plein la moustache, ça fait bizarre. Au retour j'ai carrément craqué, j'ai commencé à réaliser tout ce qui c'était passé (sans parler de la difficulté que j'avais à marcher avec toutes mes douleurs). On est passé voir mon chéri à son boulot, quand il a vu dans quel état j'étais il a demandé sa soirée et j'avoue que ça m'a fait un bien fou de l'avoir auprès de moi, même si on n'a rien fait de spécial, au moins je n'étais pas seul (ah si, il s'est occupé de la petite et ça j'en aurais été incapable, heureusement qu'il était là). Aujourd'hui physiquement ça ne va pas du tout, en plus il a fallu que je retourne chez mes parents pour nourrir les chats et pour rendre service à mon frère. Je ne supporte plus les transports, j'ai du mal à marcher, j'espère vraiment que ça va s'améliorer. Je n'ai pas vraiment pu craquer et sortir ce que j'avais en moi parce qu'il faut être forte devant la petite, et puis avec tout ce que j'ai fait je n'ai pas vraiment eu le temps de penser à moi. Du coup je crois que c'est encore pire de tout retenir, de n'avoir personne à qui se confier, à qui parler, d'être seule ici avec mes douleurs et ma fille, de savoir mon frère seul dans sa chambre d'hôpital à devoir se reposer (lui qui ne sait pas tenir en place, c'est un comble)...
Rester assise devant mon PC à écrire tout ça a été un véritable supplice pour moi, j'ai très très mal aux jambes, je vais retourner m'allonger, ne pouvant rien faire d'autre. Au moins j'ai pu écrire mes pensées, et ça m'aura fait un peu de bien. Je ne cherche pas la compassion, je ne cherche pas à ce que quiconque s'apitoie sur mon cas, j'avais juste besoin de parler ce soir, et je l'ai fait par ce biais.